La radioactivité est un phénomène naturel qui existe depuis le Big Bang. Elle vient de l’univers (rayonnements cosmiques) et de la Terre (rayonnement tellurique) qui contient aujourd’hui encore des radionucléides présents lors de sa formation. Ces mêmes radionucléides passent naturellement dans l’air que nous respirons (exemple : le radon), dans l’eau, les plantes... Comme tout ce qu’il ingère (eau : 1 à 2 Bq/l), poisson : 100 à 400 Bq/l), l’homme est lui-même radioactif (6000 à 10 000 Bq).
La radioactivité naturelle varie selon la nature du sol et l’altitude (elle double tous les 1500m). En France, elle varie d’un facteur 5 d’une région à l’autre ? Dans certaines régions du monde, elle peut être jusqu’à 10 à 20 fois plus importante qu’en France. Aucun effet sur la santé n’a été observé dans ces régions.
Non, ce n’est pas la nature de la source qui détermine le risque, mais la dose qu’elle délivre. Celle-ci est propre à chaque radionucléide, qu’il soit d’origine naturelle ou artificielle.
L’ensemble de ces sources de radioactivité d’origine naturelle ou artificielle, contribuent à l’exposition des individus. Un français reçoit au total une dose annuelle moyenne de l’ordre de 3,3 mSv, qui dépend de l’emplacement géographique. La figure ci-dessous présente la répartition de cette dose en fonction des différentes sources de rayonnement.
Le radon, descendant de l’uranium, peut s’accumuler dans les habitations et représente une dose importante, de l’ordre de 1,4 mSv par an et par personne.
L’exposition naturelle due aux rayonnements cosmique, tellurique et à l’ingestion d’aliments et d’eaux compte pour 1,0 mSv par an et par personne, mais dépend de la région considérée.
La source d’exposition artificielle principale est due à la médecine nucléaire (diagnostics fonctionnels), qui représente une moyenne d’équivalent de dose de 0,8 mSv par an et par personne. L’industrie, les installations nucléaires et les retombées anciennes ne représentent qu’une faible part de l’exposition aux rayonnements (< 0,1 mSv/an).
L’accident de Tchernobyl a entraîné en France une contamination très faible par des isotopes radioactifs : iode 131 (T=8 jours) et césium 137 (T=30 ans). Dans l’environnement, les concentrations en iode radioactif, qui diminue de moitié tous les 8 jours, ont disparu en 3 mois.
Du fait de sa période plus longue, le césium peut se concentrer dans des terrains argileux et dans certains végétaux comme les champignons. La contamination se détecte facilement et les doses correspondantes reçues par les animaux ou les hommes sont très faibles.
Compte tenu de la décroissance de la radioactivité, l’exposition moyenne résultante en France est d’environ 0,05 mSv en 1986 et au total, de 0,09 mSv pendant les cinquante ans suivant l’accident (cette dose de 0,05 mSv en 1986 est à comparer aux 2,4 mSv de l’irradiation naturelle annuelle moyenne en France). L’accident de Tchernobyl n’a eu aucune conséquence statistiquement observable sur la santé dans notre pays.
